LES EAUX-CLAIRES
   

La vieille Dame

La journée se termine. Avant de retourner vers la grande ville, prends le temps de t’asseoir sur le bord de la falaise encore chaude. Respires les senteurs de la vallée, mélange des effluves méditerranéennes des plateaux calcaires et du terroir Charentais. Ecoute la vallée des Eaux-Claires te raconter son histoire…

Sa naissance remonte à 80 millions d’années, époque dénommée crétacé moyen où l’eau envahissait encore la Charente et ou la compression de mollusques fut à l’origine des calcaires turonien qui composent nos falaises actuelles. Il y a quelques millénaires, les Homos Sapiens Grimpadus habitèrent ses grottes et furent les premiers tailleurs de prises.

Dans les années 50 du siècle passé, la bande des docteurs Angoumoisins courtisa la vallée à la fleur de son âge. Equipés de knickers, marteaux, pitons et grosses chaussures, ils ouvrirent les premières voies. La renommée de la vallée s’étendit rapidement et les grands noms de l’époque (Lionel Terray, Gaston Rébuffat, René Demaison, les frères Ravier, etc.) vinrent lui rendre visite. Elle connut des moments heureux et ses courtisans lui écrivirent des poèmes sous forme de 6 topos. Elle connut aussi des peines et dut endurer des conflits d’étiques : les guerres des spits, de l’artif., des tire-clous, de la magnésie et de la moulinette. Par un beau matin de printemps, dans les années 80, J.-C. Droyer et ses disciples nous apportèrent la lumière, l'escalade moderne et l'apparition des premiers 8a. Dès lors, les grimpeurs se firent plus nombreux et s'appliquèrent à préserver la vallée vieillissante par quelques liftings d'équipement et de nettoyage réguliers.

 

 

 

 

Notre génie charentais Fred Roulhing y fit ses premiers pas de grimpeur et atteignit les sommets de son art dans les années 90 ; Hugh est devenue "LA VOIE" et a connu sa première répétition seulement en novembre 2001.
A l'approche de l'an 2000, les mauvais augures prévoyaient quelques catastrophes : queue et péage pour l'accès aux voies et transformation de la vallée en Lunapark... Il n'en fut rien et la seule tentative de pénétration du modernisme fut l'installation d'une cabine téléphonique que la venue des téléphones portables et l'ouragan de la fin de siècle mirent à terre

Si tu veux conserver très longtemps la Vieille Dame avec les beaux restes qu'elle t'offre aujourd'hui, prends soin d'elle et respecte-la.

 

Escalade aux Eaux-Claires 

La vallée des Eaux-Claires est constituée de roches calcaires qui ont été formées au crétacé (ère secondaire). C’est donc un turonien que l’on appelle calcaire à rudistes, et qui donne un rocher très compact avec peu de fissures mais beaucoup de trous de toutes tailles et formes, et bien sûr une escalade pratiquement toujours à doigts.

Le climat de type océanique tempéré et une exposition sud de la plus grande partie des falaises permettent la pratique de l’escalade en toutes saisons. En cas de pluie le rocher devient extrêmement glissant mais sèche rapidement. Les fortes chaleurs rendent le rocher moins adhérent.

La hauteur des falaises est comprise entre 10 et 18 m. Une corde de 35 m et une douzaine de dégaines sont suffisantes.

L’équipement est réalisé en tiges de tendeurs scellées. L’espacement des points correspond à celui d’un site sportif d’escalade. Les voies d’initiation sont toutefois bien protégées. L’assurage se fait à partir de points situés sur le plateau à la sortie des voies : sangles et mousquetons à vis sont donc nécessaires.

Le nom de la voie est inscrit à la peinture rouge au pied de chaque voie. Les cotations sont celles en vigueur sur les sites sportifs d’escalade. Toutefois une escalade à doigts, des mouvements complexes type bloc et une importante continuité ont donné aux Eaux-Claires une réputation de difficulté. C’est vrai, mais il existe cependant une trentaine de voies de niveau 3 et 4 et plus de cinquante voies de niveau 5. Du 3 au 9, chacun trouvera ses voies.

Le Topo « Escalade aux Eaux-Claires » édité par le CAF Angoumois décrit les quelques 400 voies équipées du site.

Où se procurer le topo ?
- Dans les offices de tourisme et les grands magasins de sports de la région d’Angoulême.
- Le « Vieux Campeur » à Paris
- Le « Refuge » à Bordeaux

     


Pour les amateurs de bloc, il existe de nombreux (et souvent difficiles !) passages de bloc dans la vallée. Ils sont localisés en 2 endroits :
- au bout de la petite vallée, en face du lavoir ;
- en face nord, dans le virage après le pont face à la falaise principale.

La nomenclature de ces passages étant en constante évolution, nous vous conseillons, nouvelles technologies obligent, la consultation du superbe site internet de Patrick : www.chez.com/charentescalade. Vous y trouverez tout sur le bloc aux Eaux-Claires et dans la région

 

 

Falaises de la vallée - éléments du patrimoine Naturel

Habitats des Eaux-claires

3 habitats sont essentiellement concernés par la pratique de l’escalade dans la vallée des Eaux-Claires :

. Un habitat communautaire prioritaire

Le gazon pionnier calcicole sur dalle rocheuse
Il s’agit surtout d’espèces végétales pionnières qui surmontent la sécheresse par l’aptitude à stocker de l’eau (orpins) ou à survivre après un état sec (mousses, champignons…). Ces formations abritent des espèces méridionales d’insectes, ici en limite nord.

· 2 habitats communautaires non prioritaires

La végétation des rochers et falaises calcaires
Sur ce milieu ouvert où la compétition est limitée se développe une flore résistante au stress hydrique et au tempérament frugal. Fougères (comme la rare Capillaire cheveux-de-vénus), crassulacées (orpins…), quelques plantes annuelles.

Les pelouses rases xérophiles
Sur le replat des falaises, on observe une flore éparse, de structure basse, formée de plantes annuelles (survivant l’hiver à l’état de graines). Cette flore contient plusieurs espèces rares et protégées (sabline des chaumes, lin d’Autriche…).

Les espèces animales

Les falaises de la vallée des Eaux-Claires abritent quelques espèces animales remarquables, protégées, parfois d’intérêt européen, en particulier :

- des mammifères
Essentiellement des chauves souris comme la barbastelle, ou des rongeurs comme le loir et le lérot, qui affectionnent les fissures rocheuses pour hiberner.

- des oiseaux, nichant dans les cavités
Le faucon crécerelle, le rougequeue noir, le pigeon biset, le choucas des tours.

- des reptiles
On observe surtout le lézard des murailles et le lézard vert.
D’autre part, quelques espèces d’insectes peu communes (papillons, criquets en particulier) peuvent s’installer ou dépendent de la flore des pelouses calcaires.

 

MESURES A PRENDRE POUR LA CONSERVATION DE CE PATRIMOINE

·Concernant les habitats et la flore
-
Eviter la cueillette, l’arrachage de la végétation dans les anfractuosités et sur le replat de la falaise.
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Eviter l’apport de substances chimiques.
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Limiter au maximum le piétinement de la flore fragile du sommet des falaises entre mars et juillet.

·Concernant la faune
-
Eviter le dérangement des cavités en période de reproduction (avril à juillet).

 

http://charente.nature.free.fr/